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mercredi 8 février 2017

Fin




Cher internaute, tu auras remarqué mon silence depuis de longs mois.

C'est que je n'ai plus rien à dire. Et quand on a rien à dire, mieux vaut se taire.

Une vie personnelle un peu trop remplie pour me permettre d'entretenir ce blog ? Oui, certes. Sans aucun doute. Être mère, c'est pas de la tarte.
Un désamour croissant pour l'évolution de mon métier ? Oui, hélas, oui.

Je n'ai même pas atteint la quarantaine que je suis déjà un dinosaure pour les bibliothèques publiques.  Pourquoi ?

Je n'aime pas travailler avec les enfants.
Je n'aime pas faire les visites d'exposition pour les classes. 
Je n'aime pas organiser des jeux de piste. 
Je n'aime pas faire de la décoration ou des ateliers manuels.
Je n'aime pas jouer les gendarmes tous les mercredis après-midi, quand les meutes de mômes occupent la médiathèque, en figure libre, sans filet et sans aucun adulte responsable d'eux.

De plus, je ne suis pas animatrice culturelle. Il y en a. Ils adorent créer des événements, des happenings, mettre en valeur l'art et la création sous toutes leurs formes, attirer du monde avec du bruit et des petits fours. Ils font ça très bien. C'est leur métier, pas le mien. 

Le mien, c'est de faire de la médiation documentaire, de préférence pour les publics adultes. Tous les types, tous les supports de documents, numérique, papier, vidéo, audio. Tous les genres : documentaire, littéraire. De mettre les gens en relation avec les ressources dont ils ont envie ou besoin.

Ma définition du métier est datée ? Oui.
Je prends note. J'acquiesce. Je reconnais bien volontiers que ce n'est plus ce qu'on attend de nous.
Alors, je vais tenter de trouver un autre métier, pas dans une petite bibliothèque publique. Dès que je pourrais, que je trouverais, que j'en aurai les moyens, le temps.
Et surtout, je vais arrêter ce blog.


Les articles resteront accessibles, mais il n'y en aura plus d'autres.

A vous tous qui m'avez suivie, j'adresse mes sincères remerciements. Vous avez supporté ma mauvaise humeur, partagé mes sentiments ou mes réflexions, vous avez réagi, commenté. Vous m'avez critiquée, toujours intelligemment. Vous m'avez soutenue, très souvent. Merci mille fois.



A'rvi Pa.

5 commentaires:

  1. Bonne continuation d'un autre dinosaure des bibliothèques poussiéreuses et sans animation pole dance ;-)
    Merci et bravo pour le temps de partage que tu as donné sur ce blog.
    Claude

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  2. Hé, hé, il en faut des dinosaures.
    Des gens qui se préoccupent des collections, de la recherche documentaire.

    Tu as pensé aux BDP ?
    Ou alors c'est le mot bibliothèque qui te hérisse de partout ?

    Tu as aussi les BU ou des centres documentaires plus spécialisés. S'il s'agit d'éviter les enfants.

    Ou alors tu crées ta propre boîte sur le Net.
    Tu deviens formatrice.

    Moins facile quand on est maman à plein temps, c'est vrai, et ça c'est pas de la tarte.

    Bon courage à toi.
    B. Majour

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    1. Merci Bernard.
      Le pire, c'est que je ne m'occupe pas que des collections. Je m'occupe du public, avant toute chose. Simplement, je ne fais pas dans l'événementiel, les mômes et les ateliers crochet.
      Oui, j'envisage des reconversions de ce type : BU, centres documentaires. Formatrice, ce n'est pas possible exactement pour les raisons que tu évoques.
      Les BDP sont en perte de vitesse. Chez moi, la Métropole la remplace, et ne fait rien. Pas d'embauche, pas de constitution ou de récupération de fonds, pas d'offre de formation et d'accompagnement. Rien. Elle tout porter à la grosse BM du coin, et espère que ça passe inaperçu...

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  3. Au revoir Bouille

    Je me reconnais totalement dans ta définition du dinosaure. Déja il y a 10 ans certains d'entre nous protestaient contre la dérive des bibliothèques vers le "tout animation", les bibliothèques parcs d'attraction, la course à l’événementiel, etc...
    Nous avons, nous dinosaures, un grand avantage sur eux : nous pouvons définir nos fonctions. Eux non, ils en sont incapables car ils ne savent pas où ils vont et se nourrissent de l'air du temps. Comme ceux qui voyaient l'alpha et l'Omega des bibliothèques dans les "nouvelles technologies", qui allaient tout résoudre. Nous avons alors dénoncé cette "illusion techniciste". Et nous avons eu raison. Eux continuent leur course en acquérant liseuses et tablettes, la première discothèque entièrement numérique vient d'ouvrir. Bref, ils ont le vent en poupe. Accessoirement ils creusent aussi le fossé entre des milliers de bibliothèques de proximité et quelques monstres dits représentatifs.

    Alors bon vent ma Bouille, garde le cap ou change de direction, tu sauras toujours où tu vas.

    Ton Ferris

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